Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: Al Qaïda, élection présidentielle 2012, Europe, immigration clandestine, la gauche, parti socialiste, Politique, Social-démocratie, socialisme, union europénne
Sur cette question, depuis 20 ans, les socialistes ont tourné le dos à leurs valeurs en se déculpabilisant à bon compte avec la phrase d’un de leur plus illustres dirigeants, « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Et donc, on ferme la porte et on se barricade pour se protéger des miséreux. C’est du pain béni pour la Droite. A chaque coup de verrou supplémentaire qu’elle donne, en faisant fi des situations (in)humaines, elle ne manque pas de renvoyer la Gauche à ses contradictions, pour ne pas dire à son hypocrisie. La Droite se pare ainsi à bon compte des vertus de la cohérence, du réalisme et de l’efficacité. D’un point de vue moral, idéologique et politique, c’est une catastrophe pour la Gauche.
Au bout de 20 ans, quel est le bilan de cette politique? On peut le dire de manière lucide, cyniquement et sans humanisme aucun, c’est une faillite totale ! Cette politique est inapplicable, à la fois d’un point de vue pratique et économique. La Droite s’en aperçoit à ses dépends. Elle a abandonné depuis quelques années son slogan « immigration zéro ». Aujourd’hui, dans le même mouvement, elle annonce son intention d’augmenter les reconduites à la frontière … et la régularisation de certaines catégories. Les Préfets en perdent leur latin.
Que constate-t-on au plus près du terrain, sans parti pris moral ou idéologique? La première chose qui s’impose à nous est qu’il est impossible de fermer les frontières. Sauf à tomber dans un régime policier totalement délirant, dont nous serions d’ailleurs les premières victimes. Nos frontières sont poreuses et le resteront.
Et même si par nos gesticulations nous arrivions à faire croire l’inverse aux candidats à l’immigration clandestine, il n’est pas sûr pour autant que nous arrivions à dissuader beaucoup d’entre eux de tenter l’aventure. Souvent ils n’ont tout simplement pas d’autre choix. La guerre et la misère, mais aussi les fantasmes générés partout sur la planète par la télévision sur le paradis qu’est censé être l’Occident, donnent une énergie et une détermination incroyable à ceux qui n’ont rien à perdre, même pas leur vie. Des hommes et des femmes n’hésitent pas à traverser le Sahara à pieds et le détroit de Gibraltar à la nage pour rejoindre ce qu’ils croient être un Eldorado. Et ils y arrivent. Notre hypocrisie place ceux qui passent à travers les mailles du filet dans une logique de voyage sans retour possible, quelles que soient leurs désillusions ou leurs conditions de vie une fois arrivés en Europe.
Mais alors, que doit dire et faire la Gauche, pas seulement française mais européenne, sur cette question de l’immigration clandestine ? Elle doit rompre avec une politique de fermeture inefficace qui la ravage idéologiquement au profit d’une politique d’ouverture, efficace et réaliste, cohérente avec ses valeurs et ses idéaux. Les socialistes français devraient être l’aile marchante d’une rupture à l’échelle de l’Europe de l’approche actuelle des questions d’immigration. Avec un objectif, casser la logique du « voyage sans retour ». Les socialistes devraient se convaincre que ce que la France ne peut pas faire seule, accueillir la misère du monde, l’Europe le peut. D’ailleurs, elle l’a déjà fait pour plusieurs dizaines de millions de personnes avec l’élargissement de l’Union aux pays de l’ex-bloc soviétique !
En permettant aux citoyens Polonais, Hongrois, Tchèques, Slovènes, Roumains, etc., de circuler librement au sein de l’Union, l’Europe a montré que la meilleure façon de réguler les flux migratoires n’était pas de fermer les frontières, mais, au contraire, de les ouvrir ! Pour une raison toute simple : les candidats des pays de l’Est à l’immigration ont adapté leur présence à l’Ouest à leurs conditions de travail et d’hébergement. Certains se sont installés durablement. D’autres font des allers-retours. D’autres sont venus, ont constaté qu’à l’Ouest l’herbe n’était pas plus verte, et s’en sont retournés à l’Est, en ramenant dans leurs bagages un peu d’argent et deux / trois idées de projets à monter dans leur pays d’origine. Exactement comme les Français le font en allant aux Etats-Unis.
Pourquoi en serait-il autrement avec les Africains, si on leur donnait les mêmes possibilités, au lieu de les placer dans une logique de « despérados » ? Pourquoi ne pas leur permettre de venir et de circuler librement pendant un an au sein des 27 pays de l’Union, et au terme de leur visas, de les autoriser à prolonger leur séjours si leur conditions de vie sont correctes, ou de repartir de leur plein gré, condition sine qua non pour pouvoir revenir de nouveau, tranquillement ? Il y a fort à parier que beaucoup d’entre eux, constatant le gouffre qui existe entre l’image de l’Occident vu d’Alger ou de Dakar et la dureté de la vie quotidienne en Europe, rentreraient au pays avant le terme de leurs visas.
Les chantres de la lutte anti-terroriste et les théoriciens du choc des civilisations ne manqueront pas d’objecter qu’il y a un risque à laisser aller et venir des gens qui pourraient être mal intentionnés. Mais qu’il y a-t-il comme meilleur terreau pour Al Qu’Aïda que la misère et le désespoir ? Comment ne pas voir que la logique sous-tendue par la fermeture des frontières de l’Occident, chacun chez soi et Dieu pour tous, est une logique de guerre de tous contre tous?
Nous nous interrogeons rarement sur la violence du message que nous envoyons à l’Afrique. Nos médias y étalent complaisament notre opulence, construite en partie sur l’exploitation de ses ressources naturelles. Nous y déversons nos produits manufacturés, déja largement amortis chez nous, et nos produits agricoles allègrements subventionnés, tuant dans l’oeuf l’industrie et l’agriculture locale, alimentant ainsi le chômage et l’exode rural. Et à ceux qui veulent s’en sortir en tentant de rejoindre “l’Eldorado” européen, la seule chose que nous disons c’est “nous préférons que vous restiez crever chez vous” … Alors même que nos économies ont besoin de main d’oeuvre, y compris les pays de l’ex bloc soviétique, tant et si bien que les “clandestins” qui arrivent à passer trouvent du travail dans toute l’Europe. Devant tant de violence, de cynisme et d’absurdité, Al Qaïda n’a plus qu’à se pencher pour recruter …
L’exemple de l’immigration clandestine montre bien que la construction de l’Union européenne n’est pas un « plus » pour résoudre des problèmes majeurs qui se posent à nous, mais bien la seule solution possible par rapport à une série de problèmes insolubles dans le cadre strict des Etats-nations. La question de l’immigration clandestine fait partie des quelques questions fédératrices à l’échelle de l’Europe pour construire une force socialiste européenne capable de peser sur le devenir de l’Union et du monde.
Malheureusement, les socialistes français sont à des années-lumières de ce type d’approche. La plupart des contributions au Congrés du Parti Socialiste traitent l’immigration clandestine dans un cadre franco-français, en en rajoutant dans la posture “plus à gauche que moi, tu meurs”. Même Besancenot signerait. Comme avec le droit de vote pour les étrangers extra-européens aux élections locales, les socialistes sont en train de faire de cette question clé une “tarte à la crème de Congrés”. Sauf qu il s’agit de la question de la guerre et de la paix à l’échelle de la planète. La paix, c’est retenir que dans l’histoire de l’humanité, depuis que les villes se sont constituées autour du marché, le brassage des populations et les échanges qui s’ensuivent sont les moteurs du développement et de la création de richesses. La guerre, c’est dire au trois-quart de l’humanité que le progrés et l’espoir n’ont pas de place dans leur avenir.
17 commentaires jusqu'à présent
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Excellente initiative! Ton analyse est on ne peut plus pertinente et innovante, en effet. M’autorises -tu à la transmettre sur le forum de notre fédération qui est très concernée par les questions que tu soulèves tant sur le plan réalité de la politique d’immigration que sur la préparation du congrès? Nicole Le Floc’ -Juste, secrétaire de la section de Casablanca
Comment par Nicole Le Floc'h -Juste septembre 23, 2008 @ 4:45Merci Malik pour ce texte que je partage totalement…Il y a quelques années j’écrivais sur le site du Haut Conseil à la Coopération Internationale ( cherchez pas, le HCCI n’est pas dissout officiellement , mais son site à l’époque très participatif, n’est plus accessible quoiqu’en dise diplomati.gouv.fr) qu’il fallait supprimer les visas entre la France et les pays d’afrique noire francophone. Mon expérience de terrain m’avait prouvé que , outre le fait qu’en afrique et notamment de l’ouest, les gens passent leur temps à voyager, adorent le commerce de petit détail, les difficultés d’obtention des visas ( des heures de queue devant les consulats, des tracasseries adminsitratives à n’en plus finir ) incitaient ceux qui avaint pu partir à rester en France dans n’importe quelle condition par crainte de ne pouvoir y revenir après un voyage au pays…
Or dans la contribution puis dans la motion ” Pour une révolution démocratique” j’ai trouvé cette phrase
Comment par danièle septembre 23, 2008 @ 8:54“Créer un système sécurisé d’aller et retour avec visa permanent, qui permet de travailler temporairement en France, notamment dans les emplois saisonniers, et de retourner dans son pays sans être interdit de séjour sur notre sol. Cela évite de créer de la clandestinité chez les étrangers qui ont peur de ne plus pouvoir revenir”.
Mais j’ai surtout lu une approche de l’immigration qui passe par le respect de la personne immigrée , un véritable nouveau regard sur l’immigration.
L’article sur l’immigration est parfaitement bien écrit. En revanche, le point de vue, moralisateur, qui y est défendu n’apporte rien, à mon sens, à ce qui me semble être la problématique actuelle :
- limiter le nombre d’emplois peu qualifiés en Europe
- encourager les africains à rester chez eux c’est à dire faire pression pour une meilleur gouvernance dans les pays africains + aide au développement
Le syllogisme « misère africaine – immigration – ouverture et accueil » doit être combattu. Je pense que le risque de ce point de vue moral c’est d’aller dans le sens des exploiteurs de tous bords c’est à dire : néocolonialisme et arrangement avec des gouvernements africains corrompus avec pour conséquence la misère, sélection selon les qualifications avec pour conséquence la fuite des cerveaux, répression des clandestins avec pour conséquences l’exploitation de ceux qui passent au risque de leur vie entre les mailles du filet.
Je pense qu’il faut voir l’immigration comme un mal qui dépeuple les pays d’origine, et crée des tensions dans les pays d’accueil. Le fait de traiter humainement les personnes ensuite (car les flux migratoires sont incontrôlables de fait), impératif moral, doit être déconnecté d’une réflexion globale sur le sujet.
Désolé pour une critique (avisé ? et sans concession !) de ton point de vue, mais je pense que tu es capable d’une profonde réflexion géopolitique, stratégique et économique sur le sujet.
Laurens B
Comment par Laurens BOUMEDINE septembre 24, 2008 @ 7:55je te souhaite vivement de connaître le succès avec la mise en ligne de ton blog..J’y serai attentive tant le besoin d’échanges est vif en moi..Je te propose de t’inscrire en lien sur mon blog..Si seulement tu acceptes.
Comment par Stephanie Atger septembre 24, 2008 @ 4:07Stéphanie A
Merci pour vos commentaires.
Nicole, le blog est fait pour faire circuler … des idées ! je suis donc ravi de ta proposition.
Steph, aussitôt dit, aussitôt fait, j’ai créer le lien avec ton blog, et vive “l’échangisme”.
Comment par bisedemalik septembre 24, 2008 @ 7:10Merci camarade, un vrai bol d’air… qui te ressemble pas mal : des valeurs, du bon sens, et le ton cash qui parvient à dire des choses très pertinentes… mais simplement. Un peu de tout ce qui nous manque depuis trop longtemps, les mocheuns semblant réservées aux seuls Bac+4 entre concepts, variations sémantiques et incantations. Je rêve d’une motion qui oserait dire : “nous sommes toujours contre l’accroissement des inégalités mais nous ne ferons croire à personnes que les revenus des plus modestes iront au rythme de ceux de Bill Gates. Oui, dans l’actuel rapport de force elles vont s’accentuer. Le tout ezt de savoir si c’est dans un systême où l’accroissemen des inégalités se fera au détriment des pauvres qui auront encore moins, ou dans un systême régulé qui fait que même si ça va moins vite pour les plus modestes que les nantis, tout le monde est quand même “tiré vers haut” et accède à un “mieux vivre” : une sorte de socialisme du réel. Dire cela, ce n’est pas “trahir”, c’est simplement avoir les yeux ouverts et cesser de prendre les électeurs pour des crétins.
Comment par Laurent Nouchi septembre 25, 2008 @ 9:06Et pour revenir à ton sujet, ce “rapport” shizophrénique à l’immigration est effectivement l’enfant terrible d’un paradoxe dans nos moeurs : si l’on interroge les français sur le pire des conditions humaines, ils citent nos pauvres soeurs afghanes sous les talibans. Mais si une d’entre elle parvient à nos portes avec ses gosses sous le bras, tout le monde trouve normal qu’on la reconduise. Notre responsabilité politique, de dirigeant, de militant, c’est de dénoncer cette contradiction : on ne peut être socialiste sans une conscience universelle éminente. Vivement la prolifération des motions virtuelles. Bien à toi
Analyse lucide et pertinente qui rompt avec le prêt-à-penser habituel sur un sujet-piège pour la gauche. Bravo pour ton courage! Deux commentaires:
Comment par F.Lounès septembre 25, 2008 @ 1:531- Ce sont les entraves apportées, au début des années soixante dix, à la libre circulation des travailleurs migrants qui ont engendré l’émigration durable, le regroupement familial et, par ricochet, les migrations clandestines. Ces phénomènes sont donc le résultat pervers de la fermeture des frontières;
2- Il faut cesser d’assimiler les travailleurs migrants, clandestins ou pas, à des délinquants. La recherche d’une vie meilleure, pour soi et pour ses enfants, fait partie des droits de l’homme. Souviens-toi de ce dessin d’un caricaturiste algérien qui représente un brave moustachu débarquant à Marseille avec son petit garçon. A son fils qui lui demande si la vie est meilleure en France qu’en Algérie, le père répond : non ce n’est pas ici que c’est mieux, c’est chez nous que c’est pire.
Ton analyse est pour le moins intéressante et ouvre un vrai débat.
Je ne suis pas sûr, cependant que ce soit la solution,je redoute que la possibilité d’installation même pour un an ne vide les pays africains de leur jeunesse…
Comment par Yann Galut septembre 26, 2008 @ 11:32ce qui compte, c’est de changer les régles du jeu pour délivrer un message d’ouverture plutôt que de fermeture, et de casser un système pervers dont seul les mafias, esclavagistes des temps moderne, profitent. Tu ne videra pas l’Afrique de sa jeunesse d’un seul coup et celle-ci n’aspire pas en soi à venir s’installer en Europe, mais à s’en sortir. Si, aujourd’hui, les deux se confondent, c’est bien à cause des restrictions à la liberté de circulation. Si, au contraire, tu ouvres l’accés à l’Europe, beaucoups de jeunes africains viendront faire un tour … et puis, pour des tas de raisons, s’en iront, pourvu qu’ils aient la garantie de pouvoir revenir sans tracasserie. Exactement comme nous le faisons avec les USA.
Comment par bisedemalik septembre 26, 2008 @ 12:39Donc si j’ai bien compris, mon petit Malikou, tu proposes de régler la question d l’immigration clandestine…en ouvrant entièremnt les frontières ! Sans vouloir être cynique, je crois qu’il est illusoire de prétendre gérer la question du “stock” en répondant par une mesure touchant au “flux” ! Dit autrement, pour régler la question de l’immigration clandestine, inutile de tourner autour du pot : “Régularisation massive”… C’est d’ailleurs le choix assumé par les rédacteurs de la contribution Utopia, qui le clament haut et fort à notre prochain congrès !
Sinon chapeau Malik, pour une fois que tu fais une chose que tu avais prévu de faire : ça mérite d’être grandement souligné, et applaudi…mais chapeau surtout à celle qui assure le back-office de ton blog, qui elle, a un vrai talent!!
Comment par Richard l'infamme septembre 26, 2008 @ 4:36Richard l’infamme, vous exagérez.
Comment par Paul sabiani septembre 26, 2008 @ 8:07Malik est un garçon remarquable.
Carole qui est la femme que j’aime me l’a dit et naturellement, comme je l’aime, je la crois.
L’objectif est bien de contribuer à sauver le PS, pas de critiquer ce pauvre Malik. Il y a plein de gens qui ne peuvent réaliser toutes les chose qu’ils avaient prévu de faire, c’est dans l’ordre des choses… Il me semble qu’il existe aussi plein de Richard l’infamme, dont l’essentiel de la capacité créative se concentre sur la critique des réalisations de l’autre.
Malik, comme je sais que Carole t’aime, je t’aime aussi et je vais soutenir ton action.
Juste une question : à qui appartient la bouche qui tient la rose ?
Mon ami Malik,
Je suis content de lire ton blog et notamment ce texte sur l’immigration clandestine qui pose une réflexion que je partage mais avec des nuances.
Comment par Farid de Villiers septembre 26, 2008 @ 10:00Le choc des civilisations, les blocs financiers internationaux contrôlés par l’Europe, les Etats Unis et des cadres dirigeants de grandes multinationales ne permet pas de porter les valeurs d’humanisme au coeur des préoccupations des politiques. La grande hypocrisie portée par certains politiques d’ouvrir les frontières sans complaisance doit faire son temps. Des expériences dans plusieurs pays ont été désastreuses et préjudiciables.
Cette pratique est irréalisable et détourne l’attention du vrai soutien que peuvent apporter les pays industrialisés aux rapports “nord-sud”. Plus il y a de misère, plus il y a de violence : plus il y a de vente d’armes… A vous de trouver à qui profite tout çà.
Fermer les frontières et réguler les flux migratoires ne veut pas dire un renoncement aux valeurs que porte la gauche sur la solidarité internationale (lutte contre la malnutrition, la liberté de circuler librement), le respect de l’être humain quoi …. Je pense qu’il est maintenant temps de faire autrement : faire pression sur les spéculateurs, les pilleurs des pays pauvres et le continent Africains dont certains Présidents africains sont les premiers « pompiers pyromanes » Combien d’argent l’Europe a investit dans ces pays avec aucun résultats. Où en est l’évaluation de ces pratiques ? Les valises de billets passent sans encombre entre l’Europe et l’Afrique au détriment d’êtres humains qui risquent leurs vies pour rejoindre un faux rêve, en fait un cauchemar en arrivant dans notre « notre belle France, notre belle Europe…». C’est la loi du clandestin le plus résistant qui arrivera à franchir les frontières et les plus faibles meurent en route dans l’indifférence la plus totale car l’être humain est considéré uniquement comme de la main d’œuvre.
Nous pouvons avoir du cœur mais aussi parler vrai et agir juste. Aujourd’hui se sont les chômeurs, les smicards, nos bénéficiaires du RMI, qui remplacent les clandestins. Certains s’expatrient car il n’y a plus de marge de manœuvre en France. La régulation des flux migratoires doit s’accompagner d’un contrôle des fonds engagés dans l’aide aux pays les plus pauvres (développement de micro-crédits, redistribution des richesses, taxe sur les transactions financières). Homme de gauche, je pense que c’est un enjeu aussi important que la protection environnementale de notre planète au risque de participer à notre destruction.
Je suis réaliste, la mondialisation actuelle et le libéralisme économique (Delanoë a parlé de liberté de commerce) touche maintenant des hommes et femmes qui se disent de gauche. De qui se moquent t-ils ? Ce sont eux qui vont défendre les valeurs d’humanisme depuis Washington ?
Merci Malik de redire encore une fois ce que la plupart des militants et des élus locaux socialistes (pas qu’eux mais aussi eux) disent et font au quotidien : aider des gens qui ont fui leur pays à s’installer correctement dans le notre.
Comment par MLM septembre 27, 2008 @ 1:49L’exil est toujours une amputation et notre politique actuelle en fait un exil définitif, sans plus de possibilité de revoir sa famille, de faire connaitre ses enfants à leurs grands-parents.
Nous devons contrôler les trafics, pas les circulations car l’immigration choisie masque le retour à l’esclavage et aux trafics de main-d’œuvre
Et, surtout, nous devons aider à la paix et à la prospérité dans le reste du monde car il n’y aura plus de paix ni de prospérité chez nous s’il n’y a pas de paix et de prospérité chez eux.
Salut et fraternité, la ou je suis est ma maison , j’ y vie, je fait vivre, ce droit je le souhaite a tous ceux et celles qui survive.
merci de rappellé nos utopies a l’ heure ou tous cri au loup, tremblant de perdre leur capital.
qu’ importe le libéralisme, que l’ afrique ce vide et que des enrajés debarque en europe…
si la fraternité c est le partage alors partageons la LIBERTE DE CIRCULATION.
a tous ceux qui trouve cela ridicule, inadmissible ou autres, allée donc au usa pendant qu il est temp il arrive par les plages du sud….
Comment par mo septembre 27, 2008 @ 2:23Ce fut une belle lecture Malik… La résolution de la question de l’immigration “clandestine ” doit préalablement se poser sur un principe fondamental qu’aucun ne veut engager : la légitimité universelle pour celui qui souffre d’être mobile pour aller là où l’on a déplacé la richesse, faute de l’avoir “semer” là où le nécessiteux en avait besoin… L’histoire des diasporas diverses de notre humanité s’est construite au fil des désoeuvrements, des brimades, des discriminations qui se sont developpés et n’ont plus dés lors pu être supportables par l’homme pour les accepter, … La faim, les persécussions,l’absence de vision d’avenir d’un jour meilleur ou simplement le droit au bonheur “simple”… Nous n’avons pas à l’accepter , ou réguler ce fait sociétal, humain parce qu’il est simplement naturel… Du big bang à aujourd’hui, on se déplace là où il fait meilleur. L’immigration clandestine relève d’abord de cette explication, les gouvernants doivent l’accepter et l’intégrer comme une contrainte à résoudre, non pas en la régulant par l’hostilité ou la réduction, la notion mathématique de globalité prend là tout son sens. Alors oui comme toi, je pense qu’il faut penser le problème à l’échelle de l’humanité, entre pays développés, là où il y a à manger. Richard l’infame le déclare, régularisation massive … Et construire dés lors un réel protocole à la mode Kyoto mais dont la charge obligatoire non respectée serait frappée d’une pénalité forte sur les produits importés des ” iles ” où l’homme ne consomme pas ce qu’il produit… Au delà, affirmer trois fois que l’immigration est un droit universel comme on l’a fixé en théorème de la loi économique pour les produits… Les socialistes n’ont toujours de doctrine en la matière parce qu’ils ne disposent toujours pas d’une réelle religion sur l’approche mondiale sinon celle parcellaire de dire que le socialisme est universelle mais hélas chez les autres… Quelques voix ici et là réveillent parfois notre conviction humaniste pour nous faire bouger, mais ça n’est que de la régulation … ta contribution est réellement intéressante et appelle une affirmation qui manque : la mobilité humaine à l’échelle de la planète doit être libre et reconnue à chacun , chiche ?!
Comment par romanin octobre 12, 2008 @ 8:29Le problème avec l’ouverture totale des fontières aux personnes du tiers monde, c’est qu’elle sera refusé par la majorité du peuple français pour trois raisons:
1- Economique:
Les français pensent pour une majorité que l’état français ne peux se permettre une telle charge parce qu’on pense toujours ici que les immigres coûtent et n’apportent essentiellement que des problèmes.
Les français d’ailleurs refusent aussi l’agrandissement de l’Europe pour les mêmes raisons. On leur a fait croire que cela coutait plus que cela ne rapportait ce qui était absolument faux.
Si on rajoute à cela la détoriation de la situation sociale et économique en France ce sentiment ne peux que se renforcer dans l’avenir.
2- Culturel:
Avec la mondialisation les français on l’impression que leur identité et que leur culture leur échappe, je pense surtout au personne agées qui pour beaucoup ont une grande nostalgie d’un temps béni idéalisé. L’immigration représentent pour ces gens la désintégration de la nation française telle qui l’ont connu et ce sentiment génére chez eux une peur irrationnelle importante.
Dans une situation normal, le mélange de culture permet d’enrichir toute les cultures mais dans l’état actuel des chose, ce mélange est aperçu par beaucoup comme une menace totalitaire. Le reflexe premier est de s’en débarrasser c’est pour cela que l’immigration notamment celle du tiers monde est jugé aujourd’hui d’une manière extrêmement péjorative.
3- Sociale:
Cela est matérialisé par ce qu’on appelle l’échec de l’intégration, perso je ne pense pas que cela soit totalement un échec mais pour beaucoup de français de souche ou de français issue de l’immigration, si.
Tant que le gouvernement de gauche ou droite ne règlera pas la question de l’intégration, l’immigration sera vu par beaucoup comme quelque chose de négative. Tant que d’un coté les français verront que les enfants d’immigrés “ne sont pas reconnaissant” envers l’état qui les a reçu et que de l’autre coté les enfants d’immigrés jugent l’état français discriminant envers eux cette intégration restera pour le moins bloquer.
Conclusion :L’approche que tu proposes Malik est la bonne sauf qu’elle n’est pas réalisable ni aujourd’hui ni dans quatre ans et encore moins par un gouvernement de gauche car en aucun cas il ne sera crédible.
Au PS on sait que Jospin a perdu la main parce que jugé trop laxiste en matière de sécurité et d’immigration. Sarko en a usé et abusé à l’infini et d’une manière assez démagogique. Aujourd’hui la gauche est obligé de proposer une politique migratoire ferme si elle veux l’emporter. Le seul bemol c’est qu’elle se doit de proposer aussi une politique nettement plus humaine que celle prônée par la droite actuellement moins stigmatisante et moins coûteuse.
Quand la situation économique et sociale s’améliorera, quand l’intégration deviendra plus simple, quand les enfants d’immigrés seront fier de leur pays, alors la gauche pourra proposer une approche équivalente à la tienne parce que la gauche sera en matière d’immigration, d’intégration et de sécurité plus crédible.Pas avant.
Comment par Amelle novembre 10, 2008 @ 2:39Imho, l’hypocrisie et le cinisme sont bien plus grands, je pense que le jeu du miroir au allouettes est très bien compris des élites, qu’elles aient choisi les partis de la gauche ou la droite pour se propulser au pouvoir. Faire des indigènes à domicile, des esclaves (il faut bien appeler les choses par leurs noms) bien dociles, bien enchaînés, bien isolés, imho c’est le but.
Comment par lucile fievet novembre 12, 2009 @ 12:45