Bise de Malik


La crise épisode 2, Faites vos jeux !
novembre 2, 2008, 5:38
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« Oui, j’ai trouvé une faille. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m’a plongé dans un grand désarroi […] pour moi, des marchés libres et concurrentiels sont de loin la meilleure façon d’organiser les économies […] mais j’ai fait une erreur en croyant que le sens de leur propre intérêt, notamment chez les banquiers, était la meilleure protection qui soit. ».

L’homme qui s’exprime ainsi a fait n’importe quoi, mais n’est pas n’importe qui.
C’est Alan Greenspan, président pendant des années de la Réserve fédérale américaine (Fed). Adepte du « free market », le marché libre qui s’auto régule spontanément, Alan Greenspan est le grand dérégulateur des marchés financiers. Grâce à lui, on a pu emprunter jusqu’à 32 fois sa mise pour parier sur tout et n’importe quoi. C’est également lui qui a fait sauter les verrous mis en place après la crise de 29, notament celui interdisant aux banques de dépôt de s’adonner aux activités (à risque) de banque d’investissement. Il leur a permis ainsi d’aller jouer l’argent de leurs déposants au grand casino mondial des actifs les plus divers et souvent avariés. Il a défait toutes les règles élémentaires de précaution, considérées comme autant de freins à la recherche absolue du profit, érigé en moteur de la création de richesse et de sa répartition.

Lors de son audition par une commission du Congrès, quand les parlementaires lui demandent si « en d’autres termes votre vision du monde, votre idéologie, n’était pas la bonne, ne fonctionnait pas ? », Alan Greenspan répond « Absolument, exactement. C’est précisément la raison pour laquelle je suis choqué, parce que cela faisait quarante ans et même plus que de façon très évidente cela fonctionnait exceptionnellement bien ». Mais alors, que c’est-il passé pour que ça ne fonctionne plus ? Comme le dit Alan Greenspan, c’est un choc des valeurs. Dans son esprit, l’intérêt collectif des banquiers et des investisseurs se confondaient avec leur intérêt personnel et celui de leurs clients et actionnaires. Avec la crise des subprimes, on a compris depuis ce qu’il en était réellement. Ils se sont occupés uniquement de se remplir les poches, sans aucune considération éthique ou morale pour leurs actionnaires ou leurs clients.

Ce que ne dit pas Alan Greenspan, c’est que, quelque part, dans son esprit, il y a bien un arbitre des marchés autre que l’autorégulation spontanée des acteurs : c’est Dieu. En réalité, malgré tous leurs efforts théoriques, les ultralibéraux américains ne conçoivent pas les règles du « free market » ex-nihilo, en dehors des sociétés humaines dont il organise l’économie. En clair, leur conception de la libre organisation des marchés et de leur autorégulation ne relèvent pas uniquement de règles de fonctionnement pour organiser la loi de l’offre et de la demande, mais fondamentalement d’un corpus éthique et morale.

Le désarroi d’Alan Greenspan est là, dans le constat que dans la transmission du message aux jeunes générations de « trader », il y a eu une « perte en ligne » : ils n’ont retenu que la cupidité … érigée en système de valeurs. Exit la responsabilité individuelle, l’honnêteté vis-à-vis de ses mandants, le respect des règles du jeu et, surtout, de son esprit, les notions de « bien » ou de « mal », etc. A Wall Street, l’éthique et la morale, dont sont pourtant pétries les « vieilles » élites américaines à travers la religion, étaient parties en fumée bien avant les milliards de dollars qu’a déjà coutée la crise.

Dans leur quête sans limite du profit, les financiers ont fait du marché une table de poker. On y gagne de l’argent en anticipant des hausses ou des baisses de valeurs, non pas en fonction des évolutions et des besoins de l’économie réelle, mais du comportement des autres joueurs. Le résultat est sous nos yeux aujourd’hui : entre la valeur d’un bien ou d’un service tel qu’il ressort du jeu spéculatif et son caractère plus ou moins indispensable au bien être des humains dans la vie réelle, on ne sait plus fixer un prix. Et un système financier qui n’est plus capable de fixer la valeur de ce qui s’échange est comme un pont sans clé de voute : il s’effondre !

Comment éviter le scénario noir, celui d’une grande banque qui a joué au poker l’argent de ses déposants et qui un beau matin n’a plus de « cash » suffisant pour faire face à ses engagements, dont on ne connait pas réellement la valeur parce que ses actifs sont dépréciés, sans savoir de combien « raisonnablement », et qui entrainerait dans son sillage d’autres banques elles-mêmes déjà fortement fragilisées puisque prisent dans la même spirale infernale que leur consœur, et ce depuis des mois ?

C’est exactement ce qui s’est passé avec la faillite d’une des quatre premières banques américaines, Lehmann Brother. Ca a été un choc sismique pour le système financier mondial. C’est devenu le couteau que les banquiers et autres acteurs financiers mettent sous la gorge des politiques et des autorités monétaires. Ces dernièrs parent au plus pressé et cèdent. Avec l’argent public, en Amérique comme en Europe, on renfloue à tour de bras, on injecte des liquidités sur le marché, on garantie les prêts interbancaires. On accepte même de tronquer les comptes : la valeur des actifs bancaires n’est plus déterminée au jour le jour par le marché mais par une valeur moyenne évaluée sur trois mois.

L’intervention publique fait le bonheur des divers intervenants financiers qui se sont enrichis en laissant nos slips et chemises sur les marchés à risque. Ce serait une erreur de croire qu’échaudés par la crise, les « investisseurs » quittent pour autant la table de jeu. Le casino mondial n’est pas en voie de fermeture. Bien au contraire, c’est maintenant que les affaires se font. Les mêmes causes produisant rarement autre chose que les mêmes effets, les sommes colossales mobilisées par les autorités politiques et monétaires risquent de finir à leur tour sur le tapis vert. On peut craindre d’ailleurs que ce ne soit quasi mécanique pour les banques très engagées sur les marchés à risque. Elles ne peuvent pas quitter la table sans enregistrer d’énormes pertes et se retrouver en faillite. Les banques le savent et continuent de se méfier les unes des autres.

Les banques sont conscientes du pétrin dans lequel elles se sont collectivement mises. Elles ont de bonnes raisons d’être peu réceptive au discours public qui explique que la situation est sous contrôle, qu’il y a juste un problème psychologique des marchés qu’il faut surmonter en positivant afin que les acteurs financiers se fassent de nouveau confiance et que tout reparte comme en 14 ! La défiance généralisée entre banque est d’autant plus inquiétante que, suite à la faillite de Lehmann Brother, « abandonnée » à son sort par les pouvoirs publics quand les autres ont été secourus, le discours des politiques s’est clarifié : on assure tout le monde de tous les risques, tout sera fait pour éviter un deuxiéme Lehmann Brother. En toute logique, les banques en concluent qu’elles n’ont d’autres choix que de continuer un jeu dont elles ne savent pas comment sortir. Et advienne que pourra …

Si on veut éviter que l’argent public se volatilise en pari à son tour, il faut arriver à fermer la table de jeu sans que les joueurs restent sur le carreau. Les kyrielles de mesures envisagées ou annoncées par les autorités politiques et monétaires de la planète sont pour la plupart d’entre elles des mesures de précaution qui avaient été supprimées par la vague libérale qui a submergé les Etats-Unis depuis le début des années 80. Elles auraient été utiles avant la crise. Elles le seront surement après. Mais pendant, elles ne permettent pas de désamorcer la machine infernale qu’est devenue le système financier. C’est un problème politique auquel les politiques ne répondent pas ou peu … à l’exception du Président de la République Française !

Nicolas Sarkozy a compris que cette crise est en train de matricer l’émergence d’une gouvernance économique mondiale. Il fait à l’échelle de la planète ce qu’il fait en France : surfer sur la vague, adopter un discours « tout terrain » qui, sous couvert de pragmatisme, s’adapte en fonction des circonstances et des auditoires, avec un objectif : diriger pour exister (ou du moins le faire croire). Dans la crise, il est acteur. Même s’il n’a pas vraiment de ligne ni de solution globale et cohérente à proposer, il s’agite dans tous les sens, communique, négocie, passe des accords, fixe le calendrier, etc. En un mot, il fait de la politique (à sa manière). Il faut dire qu’il a un double avantage, des capacités d’analyse réelle et une opposition socialiste … ailleurs.

Nous irons donc « ailleurs » pour leur poser LA question chiante : quand laissez au système financier le soin de fixer la valeur de ses actifs revient à prendre le risque substantiel de le voir exploser en vol, sur la base de quelle éthique et de quelle morale, et donc de quelle idéologie, doit-on s’appuyer pour purger l’économie mondiale des dangers de faillite généralisée accumulés et construire un nouveau paradigme qui permette de concilier le développement économique, la préservation écologique et la paix planétaire ?

Suite au prochain épisode.


9 commentaires jusqu'à présent
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Hi Malik!
La vieille analyse marxiste, qui dit que le capitalisme créée toujours les conditions de sa propre reproduction est-elle toujours valable selon toi?
En clair: Fin ou limites d’un système?
@plus.
Nordine.

Commentaire par AÏSSAT Nordine

Je crois effectivement que c’est le cas. Sais-tu que Marx est en ce moment best sellers à Wall Street et à la City ? Personnellement, je crois que l’on vit plus la revanche de Keynes sur les ultra-libéraux que la fin du capitalisme

Commentaire par bisedemalik

Oui, la conjoncture illustre assez bien le schéma keynésien et l’œuvre de Marx reste, à ce jour, l’analyse la plus précise des mécanismes du capitalisme et de leurs effets.
Mais les systèmes politiques “collectivistes” ont été “désavoués”. Et les principes de justice sociale et d’égalité ont finalement été discrédités aussi.
C’est bien toute la difficulté:Comment penser et mettre en œuvre des processus de régulation et introduire de la moralité et de l’éthique dans la production de richesses? Et pour quelles richesses d’ailleurs?

Commentaire par AÏSSAT Nordine

Bien vu … sauf quand vous évoquez le Président de la Républqiue, Malik.
Quand vous dites que Nicolas Sarkozy “négocie, passe des accords, …”.
Il négocie rarement. Voir son comportement avec Angela Merkel à qui il a voulu imposer sa vision du sauvetage des banques.
D’une manière globale avec Nicolas Sarkozy, comme avec tous les politiques surtout quand ils sont passés par la case Pasqua, on devrait s’en tenir aux actes.
Or les actes de Nicolas Sarkozy sur la crise financière, c’est avant tout la distribution de l’argent public sans aucune contrepartie. De quoi continuer à alimenter la table de poker sans stoper le jeu :

http://www.lepost.fr/article/2008/10/22/1294703_sarkozy-les-banques-le-tour-de-passe-passe-au-detriment-de-l-interet-general_1_0_1.html

Et l’oppostion est bien là, il suffit de l’écouter, de la soutenir et faire écho à ces déclarations (ce que peu font au PS congrès oblige) :
http://www.lepost.fr/article/2008/10/27/1299137_quand-sego-debrouille-l-embrouille_1_0_1.html

Et des actions précises et utiles de la part de Ségo, vous allez en avoir très vite…

Commentaire par RichardTrois

Morale et ethique. Bravo, tu as mis le doigt sur le coeur du problème. L’histoire a démontré que les différentes sociétés à travers les âges et les pays avaient, chacune à leur façon, pu sur les bases d’une histoire et d’une culture commune, se constuire une éthique protectrice.

La faillite des idéologies globalisantes et planétaires qu’ont été le marxisme et le libéralisme n’est t-elle pas la démonstration qu’une société mondialisée, qui par définition n’a pas d’histoire à partager, ne peut pas se doter d’une éthique et d’une morale protectrices pour les plus faibles ?

Je n’ai malheusement pas de réponses sachant que la mondialisation est désormais définitive. Quelle socle commun entre athées, catholiques et musulmans ou entre kenyens, américains, indiens oun russes ? Sue quels fondements, qui ne devra surtout pas être religieux, construire éthique et morale ? Ou sommes nous condamner (au secours !!!) à recourir à un Dieu tout-puissant pour nous sauver ?

Bravo pour ton blog.

A+

Gilles

Commentaire par gilles dumas

La lecture intéressée de ton papier m’amène à m’interroger sur la charge morale que peut contenir un système dont l’objectif est la recherce de l’intérêt individuel… J’ai le souvenir d’une réplique amusante écoutée dans le film le maitre d’école où joua Coluche. Instituteur, Coluche interroge un petit gamin dans sa classe pour lui demander ce qu’est l’égoïsme, l’enfant répond par une phrase exceptionnelle ” c’est quand quelqu’un ne pense pas à moi ! ” … Un système économique moral serait il dés lors un mécanisme de production de l’intérêt individuel qui n’aurait pour objectif que de servir l’individu dans discerner les effets sur ceux qui l’entourent ! mon propos est volontairement là provocateur … Que recherche t on aujourd’hui quand on réfléchit à l’idée d’un système utile à l’homme ? En te lisant, j’ai l’impression que la critique que tu portes au système préserve l’intérêt indivuel au sens exclusif, tu ne contestes pas les fondements du système mais ce qui t’apparait être une déviance de celui ci , je crois là que tu te trompes ! le libéralisme porte le bacile de l’individualisme, il peut certes s’atténuer ou s’édulcorer par des effets de régulations mais son essence demeure… la pensée progressiste doit se consacrer à imaginer un autre mode de répartition de la richesse non pour servir un individu mais un projet de société d’abord … Social démocrate, serais tu l’ame du diable qui préserve l’egoïste qui sommeille en chacun de nous ? Petit Malik ,encore un petit effort pour devenir socialiste et nous répondre ” l’égoïste, c’est celui qui ne pense pas aux autres !!! “

Commentaire par romanin

Excellent Malik !

Nouveau blog sur l’acualité financière et internationale

http://alexbrownsblog.blogspot.com/

Merci !

Commentaire par Alex Brown

Marx, Max Weber, Fernand Braudel, Keynes, ils sont venus, ils sont tous là, appelés à la rescousse pour nous expliquer la crise.
En accord avec Braudel, éliminons Weber, et son éthique de faux-cul protestant, visant à nous cacher la réalité du capitalisme.
F Braudel nous la révèle, cette vérité. Le capitalisme ? Une sorte de vampire, superstructure se greffant sur l’économie de marché, et s’en nourrissant. Son but : le maximum de profit avec le minimum de risque – ce qui, reconnaissons-le n’est point bête ; à cet effet, il s’exonère des lois de la concurrence, allonge la chaîne du producteur au consommateur, crée de l’opacité, utilise les techniques financières les plus modernes.
Les subprimes ne constituent donc pas une aberration de banquiers assoiffés d’argent mais représentent l’essence même du capitalisme, en sont le nec plus ultra.
La crise, alors ? Keynes nous dirait qu’elle est causée par une situation de sur-liquidité, trouvant sa source dans l’énorme excédent commercial de la Chine, lequel, converti en dollars, irrigue le système bancaire américain d’un flux de capitaux avec lequel il octroie généreusement – si l’on puis dire -, les prêts subprimes à des catégories de population habituellement délaissées en raison de leurs faibles revenus.
Synthétisons, une sous-consommation chinoise finance une sur-consommation américaine, par le biais de l’excédent commercial qu’elle engendre.
Cette sur-liquidité entraîna une forte inflation, non pas des prix, mais des actifs boursiers et immobiliers jusqu’à ce que, trop étant trop, et les arbres ne grimpant pas au ciel, le processus s’arrête – souvent pour une raison mineure. « Plus dure sera la chute » : la baisse s’avère toujours plus violente et brutale que la hausse qui l’a précédé et s’est déroulée sur une longue période.
Keynes nous expliquerait que la propagation rapide et dramatique à l’ensemble de l’économie est due à la perte de confiance des agents économiques – le premier, il mit en valeur ce facteur essentiel, la confiance. Faute d’elle, l’effet richesse disparu, la peur domine, d’où un phénomène de rétraction généralisée, tarissement du crédit, chute de la consommation, des ventes, des investissements ; le cercle vicieux classique.
La crise a provoqué les effets des « bonnes guerres » d’antan ; quand les biens immobiliers et les actifs boursiers perdent autant de valeur, c’est comme s’ils avaient subi des bombardements détruisant usines et maisons.
Comment en sortir ? Moralisons, régulons, réformons Bretton Woods, pourquoi pas, quelques rafistolages seront utiles. Mais n’oublions pas que cette crise est la nième depuis celle des tulipes au XVIIe, et que la spéculation est au cœur du capitalisme, spéculation que Giscard expliquait un dimanche matin par le désir de gagner beaucoup d’argent, vite, sans effort, et si possible sans risque – Giscard en l’occurrence mieux inspiré que lorsqu’il voulait graver dans le marbre de la Constitution européenne, heureusement rejetée par les français, la loi de la concurrence libre et non faussée.
Ne nous illusionnons donc pas sur des régulations que des armées de juristes et financiers bien payés s’évertuerons – si je puis dire – à biaiser.
Revenons plutôt à l’origine de la crise, la pompe à fiances alimentée par le déséquilibre né de la sous-consommation chinoise et de la sur-consommation américaine.
Les programmes d’inspiration keynésienne envisagés des deux côtés du Pacifique semblent aller dans le bon sens. La Chine annonce sa résolution à développer son marché intérieur, Obama entend restaurer la confiance aux Etats-Unis.
Se tourner vers son marché intérieur, signifie que la Chine entend créer les infrastructures d’un pays industriel moderne, routes, ponts, chemins de fer, hôpitaux, …. S’engageant dans la voie suivie par les pays européens lors de leur révolution industrielle, la Chine cessera d’être « l’atelier du monde » et d’engranger des excédents commerciaux aussi considérables qu’aujourd’hui. Lesquels excédents ne seront plus convertis en dollars mais mobilisés pour financer ce processus. Une politique de grands travaux sera créatrice d’emplois qualifiés, mieux rémunérés. L’écart de salaires entre la Chine, l’Europe et les EU se résorbera lentement.
Obama va reconstruire les infrastructures défaillantes des EU, des ponts qui menacent de s’écrouler, des rues de stock-cars, ….Curieuse symétrie de programmes entre la Chine, pays neuf, et les EU, pays en ruines ! Agissant ainsi, les EU créeront des emplois non inflationnistes car producteurs de biens réels, tout en réinsufflant du dynamisme et donc de la confiance. Si de plus, Obama met en place un système de protection médicale plus généreux et réussit à sauver l’industrie automobile américaine, il améliorera le pouvoir d’achat sans pour autant relancer une consommation inflationniste.

Commentaire par jcl adrian

Grande Crise ou Grand Soir ?
Relisons le Manifeste du Parti Communiste : « La bourgeoise a joué dans l’histoire un rôle essentiellement révolutionnaire.
Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens multicolores qui unissaient l’homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, que le dur argent comptant. Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité naïve dans les eaux glacées du calcul égoïste ».
Poursuivons notre lecture : « La bourgeoisie n’existe qu’à condition de révolutionner constamment les instruments de travail, ce qui veut dire le mode de production, c’est-à-dire tous les rapports sociaux.
Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier.
Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales sont détruites ou sur le point de l’être. »
Arrêtons-nous. Cela est clair. Citons encore Braudel, qui a tout compris, plutôt que le paraphraser avec maladresse : « le capitalisme les connaît toutes (les ruses de l’argent) et, hier comme aujourd’hui, sa caractéristique et sa force sont de pouvoir passer d’une ruse à une autre, d’une forme d’action à une autre, de changer dix fois ses batteries selon les circonstances de la conjoncture et, ce faisant, de rester assez fidèle assez semblable à lui-même. »
Comprenons donc. La crise ne menace pas le capitalisme ; au contraire, elle est une arme, une ruse dont il use (sic) pour accélérer les mutations, transformations nécessaires à son expansion. Le G7 (G8 ?) est en train de devenir le G20, avec l’intégration des nouvelles puissances économiques et financières que sont la Chine, l’Inde, la Russie, l’Arabie Saoudite, la Turquie entre autres.
L’internationalisation – la mondialisation – ne seront pas freinées mais gagneront encore du terrain.
Grande crise que celle que nous vivons ? Assurément. Grand Soir ? Eh non, le capitalisme en sortira renforcé, les pays aujourd’hui encore à un stade pré-capitaliste entreront à part entière dans le Grand Jeu qu’il organise à son seul profit.
L’humain ? Un instrument de production dont il joue à merveille de toutes les facettes, avidité, ambition, et au besoin flatte ses marottes. On lui donnera sans doute en pâture quelques grains de développement durable.
La dure loi d’airain des salaires a toujours cours. Humanisée? Non, adaptée, modernisée. Le capitalisme plie mais ne rompt pas.
« Tout changera pour que rien ne change » et le Prince Lampesuda entraînera dans un tourbillon Claudia Cardinale.
Hélas, les Princes d’aujourd’hui ont le visage anonyme d’un Président de Conseil d’Administration, Claudia Cardinale celui de ….. ne répondez pas Carla, non celui d’une gagnante de la Star’Ac – encore que.
Eh oui, nous avons supprimé nos Guépards, incapables de percevoir qu’ils nous protégeaient des Tigres capitalistes.

Commentaire par jcl adrian




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