Cela saute aux yeux des économistes, mais ils regardent ailleurs. Les politiques s’en doutent, mais préfèrent se taire, de peur d’aviver un peu plus la colère populaire. Les banquiers et autres « investisseurs » le savent et se gavent. Une question se pose à l’évidence : et si l’argent « noir » de toutes les mafias et de tous les trafics avait sauvé le système financier mondial et, donc, le monde ?

Pour les économistes, la question relève quasiment de la plus simple arithmétique. Déjà, avant la crise, il était évident qu’une partie de la spéculation était alimentée par l’argent «noir» stocké dans les paradis fiscaux, recyclée ensuite par les Hedge funds. Les premiers collectent l’argent soustrait à l’économie légale que les seconds réintroduisent en leur permettant d’y acquérir de façon légale des actifs légaux… A titre d’exemple, tout le monde sait qu’un des moteurs de la spéculation immobilière sur les côtes espagnoles, avec pour résultat des complexes touristiques vides à perte de vue, est le blanchiment de l’argent du crime organisé. Depuis, la crise nous laisse entrevoir la place insoupçonnée qu’occupe l’économie illégale dans l’économie mondiale.

Un élément d’évaluation du rôle d’amortisseur du cataclysme financier joué par les Hedge funds est la vitesse à laquelle les banques se sont refait une santé. Certes, depuis deux ans, elles empruntent quasi gratuitement auprès des banques centrales pour ensuite prêter avec des taux d’intérêt confortables. Même si l’atonie de la croissance a un impact sur la demande de crédit, les banques ont ainsi refait leurs marges et leurs trésoreries sur le dos des contribuables, des consommateurs et des entreprises. Et recommencent à distribuer des bonus à tout va ! Ce qui est étonnant, c’est qu’il y a quelques mois encore, elles se méfiaient tellement les unes des autres qu’elles en étaient à refuser de se prêter mutuellement de l’argent, ce qui est pourtant la base de leur métier… Une explication est que le gros des pertes subies l’ont été hors-bilan de la comptabilité officielle des banques. Elles sont passées du côté de leurs faces cachées, leurs filiales dans les paradis fiscaux et les Hedge funds. De fait, l’opacité de ces places financières off-shore et des Hedge funds a limité les phénomènes de propagation et de panique des marchés. Une perte que l’on ne sait pas chiffrer est une moindre perte, et pour un cours en bourse, une perte que l’on ne voit pas est une perte qui n’existe pas…

Il est impossible d’estimer précisément le nombre de Hedge funds qui ont fait faillite à travers le monde depuis 2008. Certaines estimations avancent 10 000 liquidations, d’autres 15 000, d’autres 20 000 … La réalité est qu’en l’absence d’instance de contrôle et de régulation de ces fonds spéculatifs à l’échelle mondiale, personne n’en sait rien.

L’intérêt pour le système financier est qu’une partie des pertes subies par les Hedges fund l’a été sur des fonds à l’origine douteuse. Avec l’argent sale, les pertes sont comme les gains : inavouables ! Donc invisibles ! Simplement, il y a quelques « investisseurs » dont la faillite a entraîné un tragique « accident », une malencontreuse noyade … ou deux balles dans la tête, tout aussi « accidentelles »!

Instinctivement, nous avons tendance à considérer que la part de l’argent sale dans l’économie mondiale est relativement marginale par rapport aux sommes drainées par l’économie officielle et réglementée. Mais, si on additionne l’argent de la fraude fiscale à celui de la corruption, du racket, des trafics illégaux en tous genres ; armes, drogues, espèces animales protégées, sans oublier la traite humaine que représente l’exploitation de la prostitution ou de l’immigration clandestine, auxquels il faut ajouter l’argent généré par tout ce que le crime plus ou moins organisé gère, depuis les déchets en Italie jusqu’aux jeux en Asie, en passant par la spéculation immobilière partout à travers le monde, à quel part d’argent sale dans le système économique mondial arrive-t-on réellement ? Moins de 15 % ? Un quart ? Un tiers ? Plus ?

À la limite, peu importe. Ce qui est important, c’est de comprendre que la face cachée du système est partie intégrante du système ! Elle lui est consubstantielle.  En fait, il n’y a ni argent «sale», ni argent «propre», ni argent «noir», ni argent «blanc», mais que de l’argent sans odeur et sans couleur, de l’argent «trouble». Plus qu’un casino, le système financier mondial est avant tout une lessiveuse, où se mélangent allégrement économie légale et économie illégale.

La fraude fiscale en fournit le meilleur exemple. D’ailleurs, comme le font observer les banquiers, peut-on réellement parler de fraude, dès lors qu’il existe des mécanismes internationaux de circulation de l’argent qui permettent, in fine, de le soustraire légalement à l’impôt ?  Si les grandes banques, qui ont pignon sur rue, ont le droit d’ouvrir de multiples filiales dans les paradis fiscaux, dont le nom à lui tout seul résume bien l’objet, comment peut-on leur reprocher d’en profiter et d’en faire profiter leurs clients ? Dans ce contexte, il est déplacé, pour ne pas dire quasi diffamatoire, d’utiliser le terme de «fraude» pour qualifier ce que les banquiers appellent de «l’optimisation fiscale». Nuance…

Alors, «fraude» ou «optimisation» fiscale ? On peut certes se référer à l’esprit de la démarche, l’objectif étant clairement de soustraire de l’argent à l’impôt.  C’est ce que les autorités américaines ont fait avec la banque suisse U.B.S, afin de la forcer à « balancer » les noms de ses clients fraudeurs. U.B.S envoyait ses banquiers prospecter les contribuables aux quatre coins des Etats-Unis pour leur proposer des placements en Suisse. Ces commerciaux hors norme, avec pseudonymes et visas touristiques, utilisaient des méthodes et des outils dignes de James Bond ! Leurs ordinateurs étaient tellement bien cryptés que même les douanes américaines, pourtant rodées à la lutte antiterroriste et anti-narcotique, ne sont pas arrivées à les « craquer ». Il est difficile de croire qu’U.B.S n’était pas parfaitement consciente de l’ambivalence de sa «prospection commerciale».

Comme l’a expliqué doctement l’ineffable Eric Woerth à l’occasion de l’affaire Bettencourt, on peut tout à fait mettre en œuvre des mécanismes légaux pour soustraire illégalement de l’argent au fisc… Donc, la réponse à «fraude» ou «optimisation» fiscale dépend de qui, où, quand, comment…  Depuis le début de la crise, la simple lecture de la presse amène à une évidence ; s’il n’y a bien qu’un système, il y a aussi deux mondes. Celui des Gogos et celui des Affranchis !  Il y a un monde où il est sans cesse question de transparence, d’éthique et de morale, un monde où chacun est prié de se conformer à la Règle et à la Loi. Un monde où les perspectives de progression du pouvoir d’achat ou de valorisation du patrimoine compensent péniblement l’inflation et les aléas du marché. Et puis, il y a un autre monde, caché et opaque, où tout est permis, pourvu que cela rapporte. Un monde où échapper à la loi est la règle. Où l’éthique et la morale servent d’instrument d’asservissement des Gogos, ceux-là mêmes qui n’ont pas compris qu’il y avait deux mondes !

Il y a aussi ceux qui sont au carrefour des deux mondes, qui ont un pied chez les Gogos et un autre chez les Affranchis. Les banquiers, par exemple. Ils font le pont entre les deux mondes. Ils « fluidifient » le système, trouvent les « synergies » entre les règles du monde des Gogos et l’argent de celui des Affranchis. Tant et si bien que l’on ne sait plus s’ils « blanchissent » … Ou s’ils « noircissent « ! À l’image de la BNP, qui vient sous les feux de la rampe annoncer, en fanfare et la main sur le cœur, qu’elle liquide ses filiales dans les paradis fiscaux, tout en rédigeant des notes internes faisant de la gestion de patrimoine des particuliers fortunés, c’est-à-dire de «l’optimisation fiscale», sa priorité de développement à l’international … Le jour, on joue du violon aux Gogos, et la nuit on fait fructifier l’argent des Affranchis

Pour les amateurs de comique froid, il n’y a rien de plus hilarant qu’un banquier français justifiant les bonus accordés à ses traders. Il se balance sur un pied pour dire qu’il comprend l’incompréhension des Gogos. Puis, il bascule sur son autre pied pour expliquer à demi-mot qu’il existe un « ailleurs », un autre monde, « terrible », avec d’autres règles. Un monde où les bonus qu’il distribue à ses traders sont normaux, voire même modestes. Et que s’il ne le fait pas, ses meilleurs éléments iront dans cet « ailleurs » et sa Mecque, Singapour, paradis du trader, où la crise n’existe pas !  En tout cas, pas pour les banquiers …

Pour les Affranchis, le bilan de la crise n’est pas si mauvais que cela. Certes, certains ont beaucoup perdu, mais c’est très relatif : ils avaient aussi beaucoup gagné ! Récemment, la veuve d’un ancien associé de Madoff, l’escroc de Wall Street, a restitué sept milliards de dollars au liquidateur judiciaire chargé d’indemniser les victimes (soit plus de 5,2 milliards d’euros). Elle n’est pas pour autant sur la paille. Contrairement à Madoff, très peu de gérants de fonds ont eu à rendre de comptes, alors que l’ensemble du système financier international a fonctionné dans une logique de cavalerie. Dans ce système, financer des dettes par la création de nouvelles dettes, n’était pas l’exception mais bien la règle. On appelle cela, la «titrisation». Sur le fond, le seul tort de Madoff est d’être mauvais en math. Si au lieu de fonctionner «à l’ancienne», il avait utilisé les modèles mathématiques développés par les petits génies de l’industrie financière, il ne dormirait pas en taule aujourd’hui.

De même, si suite à la crise, les gouvernements ont imposé de nouvelles contraintes de gestion aux banques, ils n’ont pas pour autant remis en cause les deux piliers essentiels sans lesquels le monde des Affranchis n’existerait pas : les paradis fiscaux et les Hedges funds.

Manifestement, la Politique et l’Argent ont passé un compromis. Au terme de ce Yalta, les premiers ont imposé des règles censées prévenir la faillite d’un acteur qui ferait courir un risque systémique aux marchés. Ces mesures ont été mal accueillies par l’industrie financière. Elle les a acceptées de mauvaise grâce et à une seule condition : pas de réglementation contraignante sur les Hedge funds et pas de bannissement des paradis fiscaux de l’économie officielle. En préservant ces deux piliers, les banques se donnent les moyens de continuer ce qu’elles faisaient avant, par d’autres voies. La seule chose vraiment nouvelle pour elles, c’est la nécessité de créer elles-mêmes de plus en plus de Hedge funds … c’est-à-dire la multiplication de fonds d’investissement qui échappent à toutes les mesures de contrôle et obligation de transparence imposées aux entreprises cotées en bourse et aux banques elles-mêmes… Les mêmes causes produisant rarement autre chose que les mêmes effets, l’avenir nous dira, à l’occasion de la prochaine crise, si les mesures de protection prises par les gouvernements ne sont pas autant de lignes Maginot…

Pour les Affranchis, il y a enfin une excellente nouvelle due à la crise : l’affaiblissement substantiel des Etats, qui se sont surendettés pour sauver le système financier. Pour faire face à la dette, ils vont devoir vendre les bijoux de famille ! Cela sent les privatisations tous azimuts. Comme toujours dans ces cas-là, il va y avoir des affaires à faire pour les Affranchis sur le dos des Gogos. Et ce dans tous les domaines : éducation, santé, transports, infrastructures ; cela va être la fête au village ! Premières victimes du dépeçage, les salariés en général et les fonctionnaires en particulier. Cela tombe bien, ils font partie du monde des Gogos.

Si les Affranchis se gardent bien d’expliquer la réalité des Deux Mondes aux Gogos, ils ne la leur cachent pas non plus. Ils la font accepter. Les Affranchis sont des êtres humains. Ils ont besoin d’avoir une certaine estime d’eux-mêmes. Ils ont des enfants, à qui ils ne peuvent pas dire, «tu vois, mon bébé d’amour, Maman et Papa polluent à mort la planète et exploitent sans vergogne la misère humaine pour accumuler un maximum de richesse, à ne plus savoir qu’en faire…». Vu et dit comme cela, se serait invivable !  Ce n’est pas la moindre performance des  néoconservateurs libéraux d’être parvenu à imposer leur hégémonie culturelle, en plus de leur domination idéologique et de l’application aux quatre coins du monde de leurs préceptes de politique économique. Vivre le capitalisme devient plus doux pour les Gogos quand être un Affranchi est dans l’ordre des choses et de la nature !

Une bonne illustration de cette hégémonie culturelle nous est donnée par la mode «Pirate» qui sévit depuis une vingtaine d’années. Elle transcende les clivages générationnels, sociaux, idéologiques, culturels et est mondiale. Vous retrouverez ses codes aussi bien sur un sexagénaire Hell’Angel, Rock au vent et drapeau sudiste sur la Harley, que sur l’ado black des cités qui ne jure que par le Hip-hop, ou sur l’alternatif anarchiste trentenaire, qui clame sa révolte anticapitaliste dans les Rave Partys. Les Affranchis adorent la mode «Pirate». Le langage boursier est truffé de références à la flibuste. Dans une version revisitée et idéalisée de l’Histoire, les «Frères de la Côte» incarnent une communauté d’hommes libres qui élisaient leurs chefs, par opposition aux Etats Royaux et autocratiques, dont ils pillaient les vaisseaux. Des pirates semblables aux Affranchis, qui eux aussi incarnent la Liberté contre les Etats qui prétendent protéger les Gogos, dénoncés comme autant de Big Brother’s, totalitaires et liberticides. Dans cette imagerie, tout le monde peut devenir pirate. Si on reste serf, c’est-à-dire esclave plutôt qu’homme libre, c’est que l’on l’a choisi ! C’est pareil entre les Gogos et les Affranchis. Si on est un Gogo, c’est parce que l’on n’est pas fait pour être affranchi. On est Affranchi «parce qu’on le vaut bien !», comme on dit chez l’Oréal.

Une autre manifestation de la domination culturelle qui permet aux Affranchis d’être fiers d’eux-même nous est fournie par l’archétype du héros hollywoodien. C’est un héros solitaire, sombre et taciturne, à cause de la méchante société qui a tué l’amour qu’il portait en lui. Il est sans illusion sur un système gangrené par la corruption. Son humour est cynique et acide, comme la vie. Parfois, le héros rencontre son alter ego, souvent une femme qui a une chance sur deux de mourir avant la fin du film, mais ce peut être également un pote, avec lequel il a une relation gay non assumée et qui lui n’a aucune chance de survivre à la fin du film. Il lui arrive aussi d’avoir un enfant, mais rarement plus : pourquoi donner la vie dans ce monde pourri ? Heureusement, grâce à Dieu, il y a toujours un espoir de rédemption et de bonheur dans un paradis futur. Dans cette vision du monde où la vie est une survie, l’Affranchi est comme le héros hollywoodien, un pauvre être qui essaie de s’en sortir comme il peut, avec une seule règle du jeu, chacun pour soi et Dieu pour tous ! En toile de fond le message constant délivré par ces films hollywoodiens est : l’Enfer, c’est les Autres.

Au terme d’un vingtième siècle entamé sur la promesse du socialisme triomphant portée par la révolution bolchevique et achevé sur le triomphe du capitalisme ultralibéral avec la chute du Mur de Berlin, la gauche est à reconstruire à tout point de vue, à commencer dans les têtes. N’en déplaise à Hollywood, si l’Enfer, ce sont les Autres, le Paradis, aussi ! L’Humain est un animal social. Il ne peut pas vivre sans les autres. Il peut vivre autrement que contre les autres. Il peut aussi vivre avec les autres. Il peut même vivre pour les autres ! C’est ce qu’il fait quand il pense à l’avenir des générations futures et au monde qu’il va léguer à ses enfants.

Alors que l’implacable logique de l’ultralibéralisme exacerbe tous les égoïsmes, tous les nationalismes et intégrismes religieux, la Gauche doit remettre au goût du jour et dans les esprits le collectif, l’amour, la solidarité. C’est ce que portaient les cortèges des manifestations contre la réforme des retraites. Tous ceux qui y ont participé ont été frappés par l’esprit de communion et le plaisir d’être ensemble, tous ensemble, qui s’en dégageaient. La gauche doit proposer une autre vision du monde et de l’humanité que celle qui est vendue par le modèle dominant. Elle doit reprendre le flambeau de ses valeurs de solidarité, de fraternité et d’humanisme, celles qui nous attachent aux protections collectives contre les aléas de la vie et l’injustice sociale. Elle doit les faire vivre dans les têtes, en faire la référence culturelle au sens de Gramsci. C’est la première condition pour qu’il n’y ait plus qu’un seul monde, avec les mêmes règles du jeu pour tous.

En attendant et alors que le risque d’une explosion globale du système financier semble écarté, au point que tout continue comme avant, on se dit que les Affranchis ont encore de beaux jours devant eux et peuvent dormir tranquilles. En tout cas, ce n’est pas les socialistes français qui risquent de les réveiller. À la lecture des textes pondus tout au long d’une année consacrée à des conventions plus avariées que diverses, les socialistes sont à des années-lumière de la théorie des deux mondes. Pourtant, les Gogos ont beau être des Gogos, ils savent qu’il existe un autre monde. Ils ont le sentiment que les socialistes ont peur de leur dire la vérité. Et qu’ils en sont donc complices… C’est dommage, car les Gogos votent…

S’il existe une antienne socialiste, au point d’être devenue une tarte à la crème de tous les textes, c’est bien la citation de Jaurès « partir du réel pour aller à l’idéal». C’est effectivement une bonne méthode. Encore faut-il commencer par énoncer la réalité de ce réel, même si cela fait lutte des classes ! Car c’est bien cela qui gêne aux entournures une bonne partie du Parti. Á l’heure où les classes moyennes sont en train de prendre conscience qu’elles sont en voie de paupérisation accélérée et que leurs enfants auront moins que ce qu’elles ont aujourd’hui, ce n’est pas le moindre paradoxe du P. S que d’avoir ce genre de minauderie. Lors de l’élection présidentielle de 2002, Pierre Mauroy rappelait que «ouvrier» n’était pas un gros mot. Ce n’est pas non plus être un con fini. Les électeurs des quartiers populaires, si indispensables à la victoire de la Gauche, ont compris depuis longtemps qu’il y a deux mondes.

Mésestimer l’intelligence des électeurs est un mauvais pari pour gagner l’élection présidentielle. Avec la crise, l’emploi, la protection sociale et le pouvoir d’achat sont les trois questions majeures qui intéressent les Gogos. Loin devant toutes les autres, sécurité comprise. Il n’y aura pas de discours politique crédible sur ces trois questions qui fasse l’impasse sur notre dépendance au monde. Et donc sur la nécessité de le changer. Ces trois questions n’intéressent pas que les Gogos français, mais tous ceux de la planète. Y a-t-il de par le monde un peuple qui soit contre jouir d’emplois, d’une bonne protection sociale et d’un pouvoir d’achat satisfaisant ?

Le comble, c’est que dans les catalogues de la Redoute que sont les textes pondus à l’occasion de leurs conventions, les socialistes disposent de moult mesures à même de transformer radicalement le capitalisme, et donc à changer le monde. Ce qui manque, c’est de les remettre dans une vision globale à la hauteur des défis de la mondialisation, de générer ainsi une ambition qui fasse émerger une volonté. Et comme le dit une autre formule tarte à la crème du P. S, héritée de Mitterrand celle-ci, «là où il y a une volonté, il y a un sentier» ! (Ndlr : il a peut-être dit «chemin», mais l’époque était faste).

C’est ce à quoi va s’attacher la Bise lors d’un prochain article au titre tout trouvé : «Au bout du monde, mais à gauche ! «

Sur la dualité du monde, la Bise recommande vivement à ses lecteurs un excellent documentaire intitulé «Let’s Make Money». Malgré quelques longueurs, c’est une extraordinaire enquête sur le capitalisme d’aujourd’hui.

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